La mort

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Mes pensées suicidaires me causèrent tracas
Au moment de choisir la forme de mon trépas.
Car ce n’est pas facile mettre fin à ses jours,
Presser sur la détente, se jeter d’une tour,
Pousser le tabouret sans espoir de retour,
Se taillader les veines ou même mourir d’amour.
Ces quelques alternatives trop abruptes à mon goût
Me laissèrent perplexe ; est-ce que mourir vaut l’coup ?

La mention « fumer tue » sur un paquet d’gitanes
Mit en ébullition les neurones de mon crâne.
Il ne me restait plus, avant d’quitter ce monde
Que l’embarras du choix, la brune ou la blonde.
Pour ne pas me louper, être sûr de faire mouche
J’achetai illico une dizaine de cartouches.

La mort à petit feu, autant dire les prémices
Puisque j’ai refusé de l’église les offices.
Préférant au curé et au signe de croix
Que mon corps tout entier finisse en petit bois.

Et c’est en plein hiver, fumant sur ma terrasse
Qu’un vilain coup de froid eut raison d’ma carcasse.
La suite nous mènerait jusqu’au bout de la nuit,
Mais je ne voudrais pas….vous faire mourir d’ennui.
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Le cœur du temps    incontournable
L'espace temps        intemporel
Espacement         indomptable
Firmament        intemporelle

Le cœur du temps : encore du temps
le corps dû tant au temps qui le tend !
Il se molasse et laisse encore du mou
Dégueulasse la grâce graisse dénoue

Fadissent les éclats ex rubis du vert
Le sang se rosi dans une heure sans fin
La peau moisit comme du beurre ouvert
Pâlissent les sens s'effacent ex envies sans fins

Laisse la place à la seule beauté du tout
Pour que l'oeil supporte le temps peint
Cette harmonie dans l'âge que tu joues
Délicate pensée de voir ses oeuvres mains

Le tout est doux au toucher polie et usé
La soie s'étend autour de toi rustique à muser
La nature des décennies à dessiner
Chacun des traits à lentement décider

Universalité du beau, grande heures et des cadences
Chacun  de ses coups de crayons immenses
Gomme une aspérité de l'œuvre trop violentes
La finition s'étend d'allure douce et lente

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Mon tendre amour, je viens d’apprendre la nouvelle.

Je tremble, je pleure, je n’ose aller te voir,

Je ne veux pas que tu me voies alors que je chancelle.

Dans mon regard tu ne verrais que désespoir.

 

Je dois me ressaisir, me redessiner un sourire.

Ne pas montrer que je sais que tu vas mourir,

J’entrerai dans ta chambre avec légèreté,

Doucement, je me pencherai pour t’embrasser.

 

J’avance à pas feutrés, et je recule, effarée.

Tout le corps médical est près de toi, affairé.

Tout ce matériel, ces tuyaux qui travaillent pour toi…

Tu ne peux plus lutter, toi, si fort autrefois.

 

On m’autorise à rester à ton chevet, en silence,

J’ai tant de choses à te dire avant de partir,

Mais te voir ainsi n’incite pas à la confidence,

Et je reste muette, je sens l’impuissance m’envahir.

 

Je suis près de toi et je revois un autre lit tout blanc,

Est-ce que tu penses en ce moment à notre enfant ?

Je ne croyais pas revivre si vite une telle atrocité.

D’hôpital en hôpital, la douleur toujours recommencée.

 

Ouvriras- tu les yeux, une fois, avant de me quitter ?

Il ne vaut mieux pas, tu aurais peur de moi, je crois.

Ton souffle va et vient, je voudrais pouvoir l’attraper

Le garder pour le protéger au plus profond de moi.

 

Je regarde les machines vivre à ta place et je pleure.

Je ne viendrai jamais plus me serrer sur ton cœur.

Je me bats avec toi, si impuissante toutefois.

J’ose te toucher, te murmurer que je n’aime que toi.

 

Un sifflement strident, filiforme, retentit ! Puis  un cri !

Que se passe t-il ? Ce n’est pas possible ! Non ! Pas déjà !

Une infirmière entre, me prend par le bras, me sourit.

Se moque t-elle de moi ? En hurlant, je me jette sur toi.

 

Mon tendre amour, tu n’as pas rouvert les yeux

Tu es parti rejoindre notre tout petit Valentin

C’est bien, tous les deux, vous serez très heureux

Moi, je reste seule à jamais à ressasser mon chagrin.

……………….

Seule, je suis trop seule, attendez-moi, je viens !

 

© Sylphide

 

 

 

 

 

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Voilà bien des nuits sans sommeil,

Des nuits où chaque bruit me fait prêter l’oreille.

Des nuits à crier, à hurler ma douleur,

Mon petit bonhomme est parti pour ailleurs.

            ……………………

Depuis déjà quelques temps

Tu nous inquiétais, tu étais si blanc.

Le médecin est venu à ton chevet,

Nous a dit : « C’est rien, un peu fatigué ! ».

 

Quelques vitamines et tu repartirais

A la maternelle, retrouver tes amis, tes jouets.

Mais tu devenais paresseux, grincheux,

On ne reconnaissait plus le petit garçon heureux.

 

Le médecin est revenu un jour te voir,

T’a ausculté et nous a jeté un regard.

« Je lui prescris des examens de sang »,

« Vous serez rassurés », dit-il en repartant.

 

Le laboratoire nous a donné les résultats,

On ne pouvait croire à ce qu’on lisait là.

On peut se tromper, mais moi je savais bien.

Une maman devine quand son petit craint.

 

Que tu es courageux mon petit bonhomme.

Tu acceptes chaque traitement que l’on te donne.

Tu as quatre ans mais tu veux tout savoir,

Tu dis que tu seras aussi fort que Babar.

 

On t’a expliqué que tu avais une leucémie,

Qu’à l’hôpital il te faudrait rester sagement au lit.

Qu’on te ferait des piqûres, des prélèvements.

Fièrement  tu nous as dit; « Pas grave, chuis grand ! ».

 

Petit bonhomme, tu ne seras jamais grand.

Tu restes sagement dans ton petit lit blanc.

Tu ne verras plus jamais le soleil se lever,

Petit bonhomme puisque tu nous as quittés

 

Notre douleur ne s’éteindra jamais,

Petit bonhomme, tu sais que l’on t’aimait.

Nous te verrons toujours criant, jouant,

Pleurant aussi, mais si heureux, mon petit enfant.

 

 

© Sylphide