Le poète

Tout ce qui nous parlent de l'envie d'écrire et de l'âme du poète... De sa joie ou de sa souffrance, exprimées dans ces poésies...

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En brigade les mots, s'aidant de synonymes,

Partent en belle conquête au cœur de chaque phase

Pour vouloir découvrir quelques phrases anonymes

Qu'ils pourront déclamer en une belle emphase.

Garnisons de lettres pour garnir nos discours

S'arment de l'alphabet pour venir en renfort.

Les consonnes aux voyelles affectionnent leur cour

Pour en bien simple union apporter réconfort.

La prose est amnésique, oubliant souvenir

D'un calligraphe ton, D'une rime avertie,

Offre au pauvre lecteur qu'un triste devenir

D’un phonème bancal devenu inverti.

Cacophonique écrit n'a rien à satisfaire.

La règle à appliquer, je m'y suis convertie

Partager est plaisir d’un vieil introverti

Sans autres prétentions qu'essayer de vous plaire !

 

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IX Poésie comme Verbe musical et faculté réflexive de la pensée

La ville semblait avoir absorbé le chant des oiseaux pour ne laisser la place qu’au bruit. Et plus aucune mélodie excepté celles que nous entendions sur nos chaînes stéreo ne parvenait jusqu’à nous.

La grande supériorité de la musique sur la poésie était qu’elle était un langage à part entière qui n’avait plus aucun rapport avec le langage parlé, la langue de tous les jours, c’était qu’elle semblait échapper à la doctrine de la mimesis, qu’elle était un langage pur, libre, autonome, qui n’était pas une copie de l’univers sensible, qui ne prenait pas modèle sur lui. Encore que cela était discutable car la musique, elle aussi, imitait, traduisait la nature. La poésie, elle risquait toujours de sombrer dans la banalité  parce que son langage était en apparence le même que celui de la communication. Mais ce n’était pas tout à fait juste non plus dans la mesure où le langage poétique cherchait à redonner sens aux « mots de la tribu », à les faire parler dans un horizon nouveau, à partir d’une musicalité redonnée. C’était apparemment le même langage, mais en réalité, il prenait une tout autre dimension en poésie, il était appel à la présence.

Langue originelle, une, sans commune mesure avec le langage de tous les jours, on ne pouvait pas dire que la musique n’était pas imitative, elle aussi, si l’on évoquait les nombreuses études du chant des oiseaux qu’avait réalisées Olivier Messiaen pour les transposer, les transformer, les métamorphoser, dans son opéra de Saint-François d’Assise, opéra auquel j’avais assisté et qui m’avait donné le sentiment de dévoiler un monde nouveau, de déchirer le voile du sanctuaire, d’ouvrir vers l’au-delà du monde, l’essence des choses qui est musique et qu’on entend résonner dans les accords, les arpèges, les rythmes. Oui, la musique était la langue natale de l’âme, elle épousait les mouvements de l’âme, elle était plus originelle que la parole, qui elle ne parlait pas seulement au cœur mais aussi à l’intelligence, à l’esprit.

La musique apparaissait souvent dans les mythologies anciennes des pays non occidentaux comme un des principes premiers et fondateurs de l’univers, rendant ainsi hommage à sa nature non seulement sensitive, sensuelle et émotive mais aussi spirituelle. En Grèce, Pythagore découvrait des analogies entre les rapports musicaux fondés sur les nombres et les rapports entre les planètes, c’était la fameuse harmonie des sphères. La musique des astres s’entendait au loin, à travers l’espace illimité et si démesurément grand qu’il n’en laissait percevoir qu’un écho lointain, comme dans une caisse de résonance aux multiples harmonies d’un luth, transporté par la lumière à la vitesse de l’Eclair.

La poésie, surtout elle, était certes un langage musical mais se devait d’avoir un thème, un sujet, ce qu’Aristote appelait la fable : une action héroïque, des passions humaines, l’amour, la fuite du temps, la mort. C’était la doctrine énoncée dans la « Poétique » de l’imitation de la nature mais qui, dans l’esprit d’Aristote s’appliquait surtout à la poésie épique et tragique, le genre lyrique ayant été laissé de côté. C’était ce que remarquait aussi Mallarmé, puisqu’il s’agissait selon lui de reprendre à la musique le bien qui appartenait en propre à la poésie :

« Certainement, je ne m’assieds jamais aux gradins des concerts, sans percevoir parmi l’obscure sublimité telle ébauche de quelqu’un des poèmes immanents à l’humanité ou leur originel état, d’autant plus compréhensible que tu et que pour en déterminer la vaste ligne le compositeur éprouva cette facilité de suspendre jusqu’à la tentation de s’expliquer. Je me figure par un indéracinable sans doute préjugé d’écrivain, que rien ne demeurera sans être proféré ; que nous en sommes là, précisément, à rechercher, devant une brisure des grands rythmes littéraires… et leur éparpillement en frissons articulés proches de l’instrumentation, un art d’achever la transposition, au Livre, de la symphonie ou uniment de reprendre notre bien : car, ce n’est pas de sonorités élémentaires par les cuivres, les cordes, les bois, indéniablement mais de l’intellectuelle parole à son apogée que doit avec plénitude et évidence, résulter, en tant que l’ensemble des rapports existant en tout, la Musique. »

La poésie était musique, mais musique d’une autre nature. Elle déchiffrait la langue immanente de l’âme du cosmos, c'est-à-dire non actuelle, non en oeuvre. Les « poèmes immanents à l’humanité » étaient les poèmes qui gisaient de manière essentielle dans l’Etre et qui ne demandaient qu’à être transcrits par un grand poète à l’écoute de la langue. Il n’y avait en réalité que quelques poèmes absolument nécessaires à l’humanité, certains étaient déjà connus, d’autres flottaient encore virtuellement dans l’âme du Poète et attendaient d’être réalisés. La musique quant à elle était irréductible à toute tentative d’explication, elle était simplement. Par son miracle, elle enfantait et fécondait les cœurs. Mais le poète croyait en la tentative de proférer le Verbe musical et de transférer à la poésie l’orchestration et l’instrumentation propres à la musique.

L’expression clé dans cette phrase, c’était naturellement « l’intellectuelle parole à son apogée » c’est-à-dire la parole poétique en tant qu’elle avait un sens et une musicalité. Le propre du langage poétique selon Mallarmé c’était son aspect intelligible, donc en apparence, le fait qu’il avait un sens, qu’il était musique intelligible et non musique sans paroles. Pourtant le sens était, selon Mallarmé, secondaire en poésie, non pour donner lieu à toutes ces recherches formelles, phonétiques et lettristes comme celles d’Isidore Isou qui n’avaient jamais réussi à créer un seul beau poème mais parce que ce n’était pas ce qu’il y avait de plus essentiel en lui :

« Tout écrit, extérieurement à son trésor, doit, par égard envers ceux dont il emprunte, après tout, pour un objet autre, le langage, présenter, avec les mots, un sens même indifférent : on gagne de détourner l’oisif, charmé que rien ne l’y concerne, à première vue »

Dans la conception linguistique, le signe était la première unité sémantique. Les linguistes le définissaient comme l’articulation entre un signifiant et un signifié, entre face sonore et face intellectuelle, entre dimension sensible et dimension intelligible du langage. Mais qu’était-ce qu’un signifié ? Qu’était-ce qu’un sens ? C’était, pouvait-on dire, un concept, une idée qui par sa généralité dépassait la particularité du sensible. Cette essence seul le langage poétique pouvait l’abriter, la recueillir, l’avérer et la fonder. Le signe faisait sens comme essence. Sens, comme dans sentier, sente, senteur, sensation, sentiment. La première unité linguistique, c’était le mot, puis c’était la phrase, enfin c’était le texte.

Le signe que faisait le texte poétique, c’était vers l’insigne qu’il l’effectuait, le signe renvoyait à l’insigne, « in signum », ce qu’il y a dans le signe. Mais qu’était-ce que l’insigne ? C’était l’éclatant, le numineux comme disait Rudolf Otto, le Sacré. Ce signe de la langue poétique qui tendait vers l’insigne, ce n’était pas vers l’insignifiant qu’il pointait, bien au contraire, c’était vers l’apothéose du Dieu et la donation de l’Etre. Dans la poésie, les Dieux étaient présents comme dans l’âtre, auprès de quoi Héraclite cherchait à se réchauffer un jour de grand froid. Leur apparition était Beauté. « Le Beau est le commencement du terrible », disait Rilke. Le Beau avait un caractère effrayant, il nous transportait en un autre lieu que celui où nous avions coutume d’habiter, il nous déchirait, il nous transperçait. Que l’on fasse exploser ses limitations propres et le Monde qu’on croyait bien connu, devenait étrange, non reconnaissable, autre. Peut-être chaque Poète découvrait-t-il une infime partie de la Beauté du Monde qu’il était le seul à voir et cette découverte, il en faisait don aux Hommes. Grâce à la médiation du Poète, le lecteur devenait lui-même voyant, il perdait sa cécité comme dans la Parabole de l’Evangile et était admis au festin des Dieux, parmi les Bienheureux.

Le langage était-il alors dans son essence philosophique puisque c’était le propre du philosophe d’avoir affaire à l’universel. Mais la poésie, elle, dans la conception courante, était l’expression de sentiments individuels, de la subjectivité, de l’âme qui à chaque fois était unique et singulière. Etait-ce pour cela que la signification en elle, selon Mallarmé, était inessentielle ? Autrement dit c’était alors la forme qui prévalait sur le sens. Mais quelle était alors la différence avec la musique ? Mallarmé parlait de « l’intellectuelle parole » qu’il fallait entendre comme parole pensive orchestrée non par les instruments à vent et les cuivres mais par les sonorités du langage. La poésie était musique pensive, méditation acoustique. Le mot « penser » venait étymologiquement de la même racine que « peser », il signifiait aussi « s’occuper de, soigner, prendre soin ». La poésie était pensive cela ne signifiait pas seulement qu’elle éveillait dans l’esprit du lecteur un sens mais qu’elle traçait un chemin de pensée. Ainsi le chemin de pensée de Mallarmé avait été celui de la tentative de réaliser un seul et unique Livre qui résumât tout, qui fût le reflet de l’Absolu qu’il cherchait et dont « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » avait été sans doute la plus proche expression. Il avait été non seulement la tentative de dire poétiquement le réel, mais bien plus essentiellement l’idée du réel, son essence :

« A quoi bon la merveille de transposer un fait de nature en sa presque disparition vibratoire selon le jeu de la parole, cependant ; si ce n’est pour qu’en émane, sans la gêne d’un proche ou concret rappel, la notion pure »

Dans le poème, dit Mallarmé, l’objet disparaissait, s’évanouissait pour laisser place à la notion pure. La parole poétique mettait à l’abri cette notion, la recueillait, en prenait soin. Elle était l’unité de cette notion et de sonorités, d’une forme et d’une Idée., du sensible et de l’intelligible. La langue, disait aussi Heidegger dans la « Lettre sur l’humanisme », était « la maison de l’Être » ce qui signifiait que l’Être était abrité, recueilli par la parole poétique. Parce qu’il était menacé, en danger et ainsi toujours sur le point de disparaître sur terre face à la menace de l’Etant, il avait besoin du poème pour l’avérer et le fonder. Sans poésie, c’était l’homme qui se déshumanisait, le monde qui perdait sa primitive beauté, la vie qui perdait son sens et sa vérité.

En somme, il semblerait qu’il y ait eu la même évolution entre le langage poétique et le langage musical : d’une langue référentielle et imitative vers une langue intransitive qui se réfléchit elle-même, qui se prend elle-même pour objet. La poésie devenait peu à peu poésie de la poésie, « poématisation de l’essence de la poésie », selon l’expression de Heidegger et ce à partir de Baudelaire. Parce qu’écrire de la poésie, c’était penser que les mots avaient un pouvoir presque magique, presque incantatoire et qu’ils pouvaient rendre présente une vérité ineffable, que leur pouvoir symbolique n’était pas seulement de renvoyer à une idée mais à une présence. En toute vérité, il fallait parler de transsubstantiation des mots par le langage poétique. C’étaient les mêmes mots que dans le langage courant, et pourtant ils parlaient différemment, ils faisaient venir à la présence, quoi ? Peut-être tout simplement le mystère, le miracle inouï dans lequel nous baignions tout entiers.

Claire d'Orée

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Plongé dans une profonde Nuit Bleue, à la Lumière d’Un Cierge, le Bateleur progresse  [lentement.

Sur le flanc de l’embarcation, en guise de Protection, le Compagnon a déposé une fleur de [Lys blanc.

Au sommet des Trois Marches de l’Escalier ivoire, il discerne l’Impératrice, Progressivement.

 

Il doit la conduire auprès de l’Empereur, qu’une Arbalète a touché, en cour Carré.

Le ballet Nuptial n’aura pas lieu : son Maître est au plus mal.

Les Préludes Harmonieux des Amoureux, par tant d’Hésitations ruinés,

C’est sur un vulgaire Chariot, sans droit au Chapitre, qu’il a rejoint l’Arche Royale.

 

Les Conseils d’HERMES, à présent Chagrin,

L’ont condamné à ce Select Ermitage,

Transcendance du Fortuné attelage ?

 

Entourée de Chevaliers Rouges, sous l’Acacia, Elle retrouve son MARIH, à bout de Force.

 

SusPendue à l’arbre, une unique fiole de VITRIOL, pour tout le Camp.

 

En Temple Sans Nom, les Grandes Commanderies s’organisent Brusquement,

 

A une Douce Folie Emeraude ( Canne en main), Constantin succombe, en la regardant.

A mon grand frère, parti trop tôt

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Tu es cela

 

La vie petite chose fragile!

De création divine?

De la pensée d'argile

Sur les plus hautes cimes.

Vagabond  de matières

Contemplatif et béni

fondateur de chimères

Dépassant le génie.

Seigneur est nu

Au pays des mensonges!

Issu de la mer et des nues

Pour un éternel songe.

J-J-B

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Une pure éraflure s’incise dans la porte de sa citadelle,

Sépulture en dentelure lactée qui scrute sa vue d’elle…

Elle l’ensorcèle et se voute au cintre de son sang :

Rien qu’elle ! Ces deux syllabes sonnent un son absent…

 

Seul, dans cette valse obscure de mots étoffés,

Qui s’écartent sur un bas rouge de soie mâchée.

Ces éclats de voix, prunelles d’yeux cachés :

Des pétales voies : Jumelle de Dieu tâchée…

 

La belle étincelle ravive un bout de l’âme endormie,

L’horloge éteint peu à peu celle qui attise la lame ennemie…

L’enchante un cygne dans sa douce robe immaculée :

Elle, blanches lignes émoussées, derrière la vitre, coagulée.

 

Ouvres là, donne lui ton âme qui draine ces caresses.

Laisse le grignoter chaque graine de ces pensées épaisses…

Ouvre cette porte ! Que ton vaisseau lisse laisse entrer la lumière :

Inonde le de ces cohortes ruisseaux : masses de rayons mères.

 

Tout s’arrête. Ses mots remplissent au souffre ma peau caduque.

Tout s’arrête. Dénudé, le fluide glacial s’engouffre dans ma nuque.

Tout s’arrête. Le battement se tait peu à peu… puis… Renaître ?

Tout s’est arrêté… Et sa douce mélodie aura empli mon être.

 

A toi.

 

  • Tétanisante inertie
    28.05.2020 12:18
    procrastination ?
     
  • Larme...
    28.05.2020 12:17
    je pense que je voulais dire un truc spéciale... caché... intrigant :-)
     
  • Larme...
    28.05.2020 12:15
    bah en fait je ne sais même plus ce que voulais dire !! lol :-) en tous cas attristés prend ées :-)
     
  • Haïku doré
    26.09.2012 16:01
    Bon Jour, Ciel, Si je puis me permettre, en toute amitié: 5/7/5 Vaste champ d'épis - Mot de saison ...
     
  • Lettre par Aurore Dupin
    23.09.2012 10:27
    aurore Dupin est le vrai nom de George Sand, elle a envoyé cette lettre à Alfred de Musset... je vous ...