Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

Le vent qui caresse les tombes
A des saveurs de pierre à feu :
Qui peut éteindre sa lueur
Dans les fumées des cires blêmes ?

Le jour qui exalte les croix
A des tiédeurs de saints absents :
Qui tiendra rigueur aux défunts
Pour nous avoir illuminés ?

La pluie qui roule sur les psaumes
A des froideurs bénies d'eau noire :
Qui peut gercer nos lèvres nues
Au bord tranchant de la prière ?

Le sol qui accueille les corps
A des douceurs d'argile opaque :
Qui peut graver dans les discours
La trace absoute de nos fautes ?

Le bois qui habille les suaires
A des raideurs et des nœuds d’or :
Qui peut plier sa fibre froide
Au bon vouloir de nos destins ?

La fleur qui orne le granit
A des odeurs de mois de mai :
Qui peut y joindre les parfums
D’anciens bouquets fêtes fanées ?   

La flamme qui broie les cercueils
A des rousseurs de cèdre mur :
Quelle poussière oindra nos fronts
Y incrustant le souvenir ?

La larme qui brûle mon œil
A des fadeurs de sang croupi :
Quelle rosée saura laver
Son éraflure dans ma chair ?

L’oubli qui scelle le sépulcre
A des clameurs d’abandonné :
Quelle abondance de silences
Vont se blottir dans ma mémoire ?

Le soleil qui me tient l’épaule
A des chaleurs de braise crue :
Quelle ombre éphémère osera
S’imprimer sur ce sol de cendres ?

Les gestes de miséricorde
Ont des pudeurs de sacrement :
Quelle accolade pour sceller
La vie qui reste à la passée ?

Le sanglot qui bloque mon souffle
A des aigreurs de pain dernier :
Qui peut m’apprendre à regarder
Le chemin qui me reste à faire ?

Les mots qui boitent crépuscule
Ont des moiteurs de nuit de deuil :
Si les mourants pouvaient m’apprendre,
Les morts n’ont plus rien à me dire.

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